Accueil»Afrique»Togo : Liberté de presse : Un journaliste d’investigation victime de harcèlement judiciaire

Togo : Liberté de presse : Un journaliste d’investigation victime de harcèlement judiciaire

0
Partages
Pinterest Google+

Pour avoir dénoncé un scandale de détournement dans le secteur pétrolier, Ferdinand Ayité, journaliste d’investigation, a été condamné par la justice togolaise à payer 6 millions de FCFA de dommages et intérêts à un responsable togolais en charge du contrôle des prix de l’or noir. Des organismes internationaux de défense des droits de l’homme invite les autorités togolaises à mettre fin à toute forme de harcèlement vis-à-vis des journalistes et des défenseurs des droits humains.

La justice togolaise a eu la main particulièrement lourde sur Ferdinand Ayité. Le 4 novembre 2020, le Tribunal de première instance de première classe de Lomé a condamné le journaliste d’investigation, directeur de publication du journal L’Alternative et militant des droits humains, à payer la somme de 6 millions de FCFA à M. Fabrice Adjakli, membre du Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPPP).  En effet, le tribunal a ordonné à M. Ayité et au journal l’Alternative de payer chacun une amende de 2 millions de francs CFA (environ 3 056 Euros) ainsi que 2 millions de francs CFA au titre du préjudice moral qu’aurait subi M. Fabrice Adjakli. Ce dernier a saisi les tribunaux le 12 juillet dernier d’une plainte pour diffamation contre le professionnel des médias.

Le 9 juin 2020, dans son numéro 879, le journal l’Alternative a publié un article faisant état d’un détournement de fonds dans le secteur pétrolier togolais dont Francis Sossah Adjakli, le coordinateur du CSFPPP], ainsi que son fils Fabrice Adjakli, également membre du CSFPPP, seraient à l’origine. Selon la publication de l’Alternative, MM. Adjakli, en complicité avec la société VITOL, bénéficiant d’un système d’appels d’offres particulièrement opaque, auraient détourné plus de 400 milliards de francs CFA par le biais de leur société d’intermédiation Management Hydrocarbure, créée en 2016 pour encadrer les activités d’importation de pétrole.

Dans un communiqué rendu public le 12 novembre, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme condamne la décision de justice du 4 novembre à l’encontre de Ferdinand Ayité. Selon l’Observatoire, cette décision de justice ne vise « qu’à sanctionner ses activités légitimes de défense des droits humains et l’exercice de sa liberté d’expression ». Il invite par conséquent le régime de Faure Gnassingbé et sa justice aux ordres à «mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre de M. Ayité et de l’ensemble des défenseurs des droits humains dans le pays ». Rappelons qu’après la publication de cet article, Ferdinand Ayité a reçu des menaces de mort anonymes par voie téléphonique.

hurinews.com

source : omct.org

 

Commentaires

commentaires

Article précédent

Libye : Sécurité : Une militante anti-corruption assassinée par des hommes armés

Article suivant

Burundi : Torture : Une plainte contre les autorités aux Nations Unies

Aucun Commentaire

Laisser un réponse